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La France attendait son champion du monde de cyclisme depuis si longtemps, en somme depuis une éternité. Depuis Laurent Brochard en 1997, à Saint-Sébastien. Dantesque, phénoménal de puissance et d’élégance sur son vélo, Julian Alaphilippe a fait déjouer tous les autres favoris. Il était tout simplement le plus fort, le plus grand dressé sur ses pédales.

Julian Alaphilippe champion du monde

Les Championnats du monde devaient initialement se dérouler à Aigle Martigny sur les hauteurs suisses mais la Covid-19 a eu raison de ce parcours destiné aux purs grimpeurs. Délocalisé à Imola, le parcours des mondiaux promettait une grande bagarre pour puncheurs, grimpeurs avec une belle accélération ainsi que pour les sprinteurs les plus véloces. Une large liste de cadors donc, tous les leaders du Tour de France étaient présents, tous les coureurs de classiques aussi. Bref, des Championnats du monde dantesques sur un parcours casse pattes de 258,2 km.

L’Equipe de France s’est donnée corps et âme au service d’Alaphilippe, la pièce maitresse de l’échiquier tricolore. La France a été la première à déclencher les hostilités avec Quentin Pacher et Nans Peters qui ont emmené le peloton tambour battant à plus de 70 km de l’arrivée. Le but ? User les adversaires et leurs coéquipiers pour avoir une explication à la pédale dans l’ascension de Mazzolano située à 22,8 kilomètres de l’arrivée.

Julian Alaphilippe champion du mondeDès le début de l’ascension, Landa et Dumoulin ont tenté de fausser compagnie à la meute de cadors. Mais c’est bel et bien l’attaque de Hirschi qui a décanté la course. Seul Alaphilippe, Nibali, Kwiatkowski, Fuglsang et Roglic ont réussi à suivre la roue du prodige suisse. Derrière, des coureurs tous azimuts dans les pourcentages les plus durs, tête dans le guidon, tête dans le goudron. Kwiatkowski (Pologne) a ensuite porté l’estocade, dressé sur les pédales. Nibali a vu ses rêves arc en ciel de champion du monde s’envoler. Plus qu’une attaque décisive le Polonais a servi de dernier étage à la fusée dénommée Alaphilippe.

C’est à ce moment là que la magie s’opère, tous derrière et lui devant, les dents serrées, la hargne de vaincre, de réaliser son rêve, celui de devenir champion du monde. Telle une étoile filante, il attaque et dépose ses rivaux les laissant s’asphyxier, dans les terribles pentes à plus de 10 % de Mazzolano, dans la poussière d’étoile bleu, blanc rouge. Une attaque tranchante suivie d’une relance, c’est la spéciale Alaf, c’est cette double accélération qui fait du coureur français le roi des puncheurs.

Derrière, à quelques encablures le groupe composé de Van Aert, Hirschi, Kwiatkowski, Fuglsang et Roglic s’entend bien, se relaye en espérant revenir sur le maestro. Mais en cas de regroupement Van Aert est imbattable. Tous les coureurs comptent leurs coups de pédales permettant à Alaphilippe de garder de minces secondes d’avance, un coup d’avance quand même, un coup d’avance toujours. Le voilà dans l’autodrome. Van Aert tente le tout pour le tout et essaye de faire le jump, sans succès, les jambes sont lourdes, le lactique omniprésent.

C’est fait ! c’est dingue ! c’est fou ! Alaphilippe l’a fait ! On le disait moins fort cette année. Il a démontré que sa force, c’est son mental. C’est fait ! c’est dingue ! c’est fou ! Julian Alaphilippe a réalisé son rêve. Il est champion du Monde. 23 ans après Laurent Brochard. 23 années d’un long désert sans arc en ciel pour les amoureux de cyclisme. C’est fait ! c’est dingue ! c’est fou ! Il n’en revient pas, pleure comme un enfant. Les émotions le submergent. Il est l’as qui pique le cœur des spectateurs. Une magnifique cérémonie protocolaire aux côtés de Van Aert (2ème) et de Hirschi (3ème). Une marseillaise que l’on attendait depuis si longtemps. Le maillot arc en ciel de champion du monde lui va si bien. Merci et encore bravo !

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